Bien réunis sur les rails par un incomparable trio de dirigeants MM. JULES SOULÉ, RENE DUFFOUR et MAUMUS, la ville de TARBES retrouve son STADOCESTE et le terrain de Sarrouilles. Pourtant en ce début de saison 1919-1980, le club enregistre de nombreux départs: JAUREGUY, BORDES, BERRENS, BALANSA, MANDRET et VOGT pour ne parler que des meilleurs. Pour la première fois, le bouclier de Brennus est mis en compétition. Malgré un début de saison difficile, le STADOCESTE remporte le titre du Comité Armagnac-Bigorre (c'était alors la formule du Championnat de France), élimine successivement COGNAC, le TOEC, BERGERAC, puis dispute une poule de trois avec le Stade Bordelais (SBUC) et l'Association Sportive Perpignagnaise (A.S.P.). Une belle est nécessaire pour départager TARBES et PERPIGNAN, elle se joue finalement à NARBONNE en raison des interventions et intrigues tant perpignanaises que narbonnaises. Véritable demi-finale, cette rencontre fut âprement disputée sur un terrain lépreux. A la fin du temps réglementaire, les deux équipes étant à égalité (8 a 8) il fallut recourir aux prolongations (deux mi-temps de 20 mm chacune), finalement le STADO l'emportait sur le score de 16 à 8 et voyait s'ouvrir les portes de la finale. Cette finale, la première nouvelle formule, se déroula le 25 AVRIL 1920 à BORDEAUX contre le Racing Club de France.
Le départ de Tarbes eut lieu le SAMEDI 24 AVRIL 1920 à 8h30. Il fallait 7 heures à l'époque pour rallier Bordeaux en train et en wagons de 3ème classe avec banquettes de bois.
Le dimanche, réception à 10 h à la Mairie de Bordeaux, à 11 h repas sportif présidé par la Baronne, madame de ROTSCHILD qui remplaçait son époux, le Baron de ROTSCHILD, député des Hautes-Pyrénées et retenu à Paris par d'autres obligations.
Au fur et à mesure que l'heure du match approchait, les visages palissaient, les gorges se serraient, les bavardages se faisaient rares. Après l 'appel des deux équipes, quelques chants montagnards rappelèrent à nos équipiers où était leur devoir; ils leur fallait se battre et vaincre. Ils ne faillirent pas.
Et cependant après 45 secondes de jeu, l'avant international parisien THIERRY s'échappe sur mêlée et marque presque sans opposition. CRABOS manque la transformation. Surpris mais non démoralisés, les Tarbais réagissent, leur mêlée s'impose, gagne des ballons et presse le RACING dans ses 22 mètres. Un contre des frères CAYREFOURCQ et EDMOND marque le premier essai. Le Racing, confiant dans ses lignes arrières, profite de toutes les occasions pour attaquer, mais TARBES défend bien. En deuxième mi-temps, la ligne d'avants Tarbaise accentue sa pression et marque un essai sur mêlée tournée. La transformation est réussie et le score porté à 8 à 3 en faveur de TARBES. Quelques réactions toujours dangereuses des Parisiens et la fin est sifflée. Par cette victoire, le STADOCESTE devenait champion de France et était le premier à inscrire son nom sur le bouclier de Brennus.
L'équipe vainqueur avait la composition suivante: CASNABET, JEANGRAND, NICOLEAU, Edmond CAYREFOURCQ, Ferdinand CAYRFFOURCQ, RICARTE, CLEMENT, LARRIEU, GALIAY, BOUBEE, ROUCH, CASSAYET, PRAT, HERNANDEZ, NICOLAI.
Remplaçants:DUPORT, LHERETE, NICOLEAU A.
Le Racing alignait quant à lui:
CHILIO, JAUREGUY, BORDES, CRABOS, BOUSQUET, DE JOUVENEL, THIERRY, LEROU, BERRENS
(ex-Tarbais), MANO, HUART, LABEYRIE, PETITEAU, THOURNAZAU.
Le retour à Tarbes fut triomphal, réception enthousiaste à la gare de Tarbes par les autorités locales et toute la population. Au siège du club, Café de la Colonne, I'accueil fut émouvant au milieu de la joie et de l'allégresse populaire. Tarbes fêtait bruyamment et chaleureusement la victoire du STADOCESTE. Journée inoubliable pour ceux qui la vécurent.
Les saisons qui suivirent furent assez inégales quant aux résultats sportifs. La saison 1920-1921 sera assez bonne, le STADO pouvait prétendre disputer une nouvelle finale, malheureusement lors des matches de poules de 3, il fut battu à Sarrouilles par le Stade Toulousain (9 à 3) au terme d'un match qu'il n 'aurait jamais du perdre.
De 1921 à 1925, il fut successivement éliminé par Béziers, le Racing Club de France, I'A.S. Perpignan. Les saisons suivantes et notamment la saison 1927-1928 furent plus difficiles, le STADO dut même disputer un match de barrage contre Pamiers qu'il battit à Toulouse sur le score de 20 à 0.
Les saisons 1928-1929 et 1929-1930 verront le STADO aller son bonhomme de chemin et assurer son maintien parmi l'élite des clubs français.
En 1930, à la suite des incidents du match STADO-LOURDES à Bagnères (affaire LARROUDE) le STADOCESTE adhère à l'UFRA et dispute le tournoi des 12. C'était une dissidence du STADO qui se poursuivra durant la saison 1931-1932. La saison 1931-1932 verra le STADO reprendre la compétition normale avec, au cours des saisons suivantes, une alternance entre les bons et mauvais résultats notamment en 1934 où le Club dut, une fois de plus, disputer les matches de barrages, au grand désespoir du Président JULES SOULE. Là encore, le STADO assura son maintien en Fédérale. En 1939, le club aura la joie de voir ses juniors sacrés champions de France. L'équipe avait la composition suivante: DULON, GRELETTY, LAUZIN, BORDENAVE, PRUNEL, SOLANS, DASTE, LARRIEU, CAUSTERE, MAUPEYRA, BARAT, GUILHEMBET, PUJO, CARASSUS, BURSANN, DAUDINE.
Hélas, trois jours après cette finale, le junior GUILHEMBET, grand espoir qui avait déjà joué plusieurs fois en équipe première, était victime d'un accident mortel du travail.